Une commune expérimente le gardiennage privé dans l’espace public

Une commune expérimente le gardiennage privé dans l’espace public

ARTICLE DE BLOG - Selon Kris Poelaert, le bourgmestre de la commune rurale de Herne, il conviendrait d’élargir le recours à des agents de sécurité privés pour garantir la sécurité des espaces publics. Une collaboration plus étroite entre les services de police et le secteur du gardiennage est un gage d’amélioration de la sécurité.

Mardi 23 mai 2017 — Herne est la première commune de Belgique à faire appel au gardiennage afin de contrer l’augmentation du nombre de cambriolages. « Nous avons été confrontés à une vague de cambriolages », explique Kris Poelaert. « En janvier et février 2016, nous avons enregistré 53 effractions, un chiffre totalement disproportionné par rapport à la population de la commune. Si nous extrapolons ce chiffre à l’année entière, cela signifierait qu’un habitant sur dix serait victime d’un cambriolage.»

Une seule équipe d’intervention

Kris Poelaert : « Nous avons mis en place un partenariat local de prévention, installé des caméras ANPR et instauré une prime destinée à encourager les citoyens à investir dans un système d’alarme. Le problème est que Herne fait partie d’une zone de police incluant six communes et qu’une seule équipe d’intervention est disponible la nuit. Celle-ci ne peut intervenir sur les accidents de la route ou autres catastrophes et, simultanément, effectuer des rondes afin d’enrayer les cambriolages et de renforcer la sécurité. Circuler d’une commune à l’autre implique en effet un déplacement de trois quarts d’heure.»

 

Diminution du nombre de cambriolages

En concertation avec les services de police, la commune de Herne a décidé de faire appel à Securitas. « Nous avons chargé Securitas de surveiller les 21 bâtiments publics (la maison communale, l’école, l’académie de musique, les lieux de culte)répartis sur l’ensemble de la commune. Circuler d’un bâtiment à l’autre dans l’espace public permet aux agents de sécurité de garder un œil sur ce qui se passe à la ronde », commente Kris Poelaert.

« Nos efforts ont porté leurs fruits », indique le bourgmestre de Herne. « Nous avons commencé en mars 2016 sur base d’un contrat de deux mois. L’expérience s’est révélée à ce point probante que nous avons à nouveau fait appel à Securitas en octobre, suite à une nouvelle vague de cambriolages. Lors du premier test, le nombre d’effractions est tombé de 30 à 0 et, à la fin de l’année, de 19 à 2. Les agents de sécurité nous ont en outre aidés à élucider un certain nombre d’affaires.»

 

Surveillance de l’espace public

Bien que le bourgmestre se félicite de la nouvelle loi élargissant les attributions des sociétés de sécurité privées, il souhaite que le législateur aille plus loin encore. « Actuellement, on ne peut faire appel à des agents de gardiennage que ponctuellement et pour des situations critiques. La loi devrait être actualisée afin que les agents de gardiennage soient autorisés à patrouiller et à dresser des constats sur la voie publique », constate Kris Poelaert.

 

Actualisation de la loi

Selon Kris Poelaert, le succès de l’expérience de Herne a fait des émules dans un certain nombre de communes. « À Herne, la collaboration entre Securitas et les services de police s’est très bien passée. Je considère toutefois qu’il n’est pas nécessaire de prévoir un agent de gardiennage à chaque coin de rue. Telle n’est d’ailleurs pas mon intention. Cependant, lorsque l’insécurité devient trop forte, nous devons être en mesure d’intervenir.»